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RechercheDocument de travail n° 1·Revue de la littérature

Voir avant de décider

Anticipation visuelle, incertitude sur le résultat et engagement dans la vente de projets de rénovation, d’aménagement intérieur et extérieur

Version 1.0 · septembre 2026 · 20 min de lecture · 33 sources

Publié par beform, Zurich. Cette revue n’évalue aucun produit.

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Résumé

Les projets de rénovation, d’aménagement intérieur et extérieur s’achètent avant d’exister. Le client engage une somme importante, rarement dépensée deux fois, pour un résultat qu’il ne peut qu’imaginer, et le vendeur investit du temps non rémunéré pour rendre ce résultat descriptible. Cet article passe en revue des travaux de psychologie cognitive, de comportement du consommateur, d’économie comportementale et de gestion de la construction afin d’expliquer pourquoi l’écart entre l’imagination et le devis coûte si cher, et pourquoi montrer au client une représentation réaliste de son propre espace avant le devis devrait modifier son comportement. Nous intégrons les données relatives à l’avantage de traitement des images, à la simulation mentale, à la distance psychologique, à l’ambiguïté et à l’aversion à la perte, à l’appropriation psychologique et à la co-création, à l’architecture du choix ainsi qu’au prix comme indice de qualité. Les données issues de la réalité augmentée dans le commerce de détail, de la visualisation en architecture, ingénierie et construction, et de la recherche sur le délai de réponse aux prospects servent à examiner leur transposition au contexte de la rénovation. Nous proposons un parcours de décision visuelle en quatre étapes et en dérivons six propositions testables pour les clients finaux, les conseillers et les entreprises. La plupart des mécanismes sont établis dans des domaines voisins ; les preuves de terrain dans la vente de rénovations restent rares.

Mots-clés anticipation visuelle, simulation mentale, aversion à l’ambiguïté, services de confiance, appropriation psychologique, co-création, conversion des prospects, rénovation

JEL D81, D91, M31

Les résultats clés en cinq chiffres

  • 10×

    plus de visiteurs du stand de dégustation ont acheté face à six confitures que face à 24, environ 30 contre 3 pour cent.

    Iyengar & Lepper, 2000
  • le poids accordé à une perte par rapport à un gain équivalent au moment de décider.

    Tversky & Kahneman, 1992
  • 13 ms

    suffisent pour détecter le sens d’une image.

    Potter et al., 2014
  • plus de chances de qualifier un prospect quand l’entreprise répond dans l’heure.

    Oldroyd et al., 2011
  • 63 %

    de plus proposé pour une boîte de rangement assemblée soi-même que pour la même boîte déjà montée.

    Norton et al., 2012

Résultats des études citées, dans leur contexte d’origine. La section 8 examine dans quelle mesure ils sont transposables.

Sommaire
  1. 1Introduction
  2. 2Acheter un résultat qui n’existe pas encore
  3. 3Cadre théorique
  4. 4Données issues de marchés voisins
  5. 5Un modèle du parcours de décision visuelle
  6. 6Implications
  7. 7Propositions à tester empiriquement
  8. 8Limites
  9. 9Conclusion
  10. Références

1Introduction

La plupart des achats peuvent être examinés avant d’être payés. Pas une rénovation. Une nouvelle cuisine, une salle de bains refaite, une façade crépie ou un jardin avec piscine n’existent, au moment de la décision, que sous la forme d’une description, d’un échantillon, d’un plan ou d’une image dans la tête du client. L’achat est important, peu fréquent et difficilement réversible, et le client dispose de peu d’expérience pour prédire l’aspect ou le ressenti du résultat final.

Les vendeurs répondent à cette incertitude de deux façons. Ils décrivent, avec des mots, des échantillons, des catalogues et des photographies de projets réalisés pour d’autres. Ou ils dessinent, avec des plans et des perspectives produits avant l’existence de tout contrat. Les descriptions laissent l’essentiel de l’incertitude au client. Les dessins la transfèrent au vendeur sous forme de travail non rémunéré, et un dessin qui n’est pas accepté est un effort perdu. Les deux stratégies laissent subsister le même écart entre ce que le client imagine et ce que l’entreprise chiffre.

Cet article pose une question simple : que dit la recherche sur la réduction précoce de cet écart, au moyen d’une représentation réaliste de l’espace du client ? Nous n’évaluons aucun produit. Nous rassemblons les mécanismes qui rendent la question pertinente, examinons dans quelle mesure ils se transposent depuis leurs domaines d’origine et les formulons sous forme de propositions vérifiables sur le terrain.

2Acheter un résultat qui n’existe pas encore

2.1 Qualités de recherche, d’expérience et de confiance

L’économie distingue les biens dont la qualité peut être jugée avant l’achat, dits à qualités de recherche, des biens jugés uniquement à l’usage, dits à qualités d’expérience (Nelson, 1970), et de ceux dont l’acheteur ne pourra peut-être jamais pleinement juger la qualité, dits à qualités de confiance (Darby & Karni, 1973). Les travaux de rénovation combinent les trois. Les finitions peuvent en partie être examinées, le résultat vécu s’éprouve après l’achèvement, et une grande part du travail caché derrière les murs repose sur la confiance. Zeithaml (1981) a soutenu que les acheteurs d’offres riches en qualités d’expérience et de confiance perçoivent davantage de risque, recherchent des indices de substitution et s’appuient davantage sur le prix et les éléments tangibles pour juger de la qualité.

2.2 L’écart d’imagination

Lorsque le résultat ne peut pas être examiné, le client le simule. La recherche sur la prospection montre que les individus prédisent leurs sentiments futurs en simulant mentalement des événements à venir, et que ces simulations sont systématiquement incomplètes : non représentatives, réduites à l’essentiel, abrégées et décontextualisées (Gilbert & Wilson, 2007). Un client qui se figure une nouvelle cuisine tend à se figurer une cuisine idéalisée, et non sa propre pièce avec sa fenêtre, sa hauteur sous plafond et sa lumière du soir. Le vendeur ne voit rien de cette simulation et doit la déduire de mots comme moderne, chaleureux ou lumineux, dont le sens varie d’une personne à l’autre.

Cette traduction a un coût. Retenir et manipuler la description verbale d’un agencement spatial sollicite la mémoire de travail (Sweller, 1988), et Larkin et Simon (1987) ont montré que les diagrammes rendent explicite ce qu’une représentation phrastique laisse à calculer. Dans une conversation sur une rénovation, les deux parties effectuent ce calcul séparément, et elles aboutissent rarement à la même image.

2.3 Là où la vente s’enlise

  • Pour le client final, la décision paraît risquée et elle est reportée.
  • Pour le conseiller, le premier rendez-vous devient une découverte du besoin non rémunérée, et les dessins spéculatifs peuvent absorber de nombreuses heures avant tout engagement.
  • Pour l’entreprise, les devis sont comparés sur le seul attribut entièrement visible, le prix, et un devis détaillé peut devenir un cahier des charges gratuit pour un concurrent moins cher.
DemandePremier rendez-vousPlansDevisDécisionIncertitude sur le résultat pour le client
Représentation de l’espace du client dès la demandeVente classique, description et plans
Figure 1. Moment où l’incertitude sur le résultat est levée dans une vente classique et dans une vente qui commence par une représentation de l’espace du client. Schéma conceptuel, non ajusté à des données.

3Cadre théorique

3.1 Les images sont comprises plus vite et mieux mémorisées

L’effet de supériorité de l’image désigne le constat robuste selon lequel les images sont mieux mémorisées que leurs étiquettes verbales (Nelson, Reed & Walling, 1976). La reconnaissance d’images vues une seule fois frôle le maximum et dépasse celle des mots et des phrases (Shepard, 1967), et des participants ayant vu des milliers d’images une seule fois en reconnaissaient encore la grande majorité (Standing, 1973). La compréhension est également rapide : des observateurs peuvent détecter si une image correspond à une scène nommée lorsqu’elle est présentée pendant 13 millisecondes seulement dans une séquence rapide (Potter, Wyble, Hagmann & McCourt, 2014).

Dans le domaine de l’apprentissage, le principe multimédia établit que l’on apprend plus en profondeur à partir de mots et d’images combinés qu’à partir de mots seuls (Mayer, 2009). La conséquence pour une conversation de vente est modeste mais importante. Une représentation n’est pas une décoration ajoutée à un argument. C’est le moyen le plus rapide et le plus durable d’établir une compréhension commune d’un résultat spatial.

3.2 La simulation mentale et le soi imaginé

Les consommateurs évaluent les produits en partie en s’imaginant les utiliser. Escalas (2004) a montré qu’une publicité qui encourage la simulation mentale accroît le transport narratif, lequel accroît à son tour la persuasion. Elder et Krishna (2012) ont constaté que présenter un produit dans une orientation qui permet d’imaginer facilement son usage favorise la simulation mentale incarnée et augmente les intentions d’achat. Plus largement, l’imagerie mentale façonne la manière dont l’information sur les produits est traitée et mémorisée (MacInnis & Price, 1987).

La simulation d’un client en rénovation demande un effort et reste générique, faute d’éléments précis à partir desquels simuler. Une représentation réaliste de sa propre pièce apporte la précision qui manque : le client n’a plus à construire la scène future, seulement à l’habiter. La recherche sur la fluence de traitement suggère que cela compte au-delà de la compréhension, car les stimuli plus faciles à traiter tendent à être jugés plus favorablement (Reber, Schwarz & Winkielman, 2004).

3.3 Distance psychologique et niveaux de représentation

Selon la théorie des niveaux de représentation, les événements psychologiquement éloignés sont représentés de manière abstraite, en termes d’objectifs généraux, tandis que les événements proches sont représentés concrètement, en termes de détails précis et de faisabilité (Trope & Liberman, 2010). Une rénovation prévue dans plusieurs mois est éloignée dans le temps et hypothétique dans sa forme, si bien que les clients raisonnent en termes de style et d’aspiration et peinent face à des choix concrets comme la couleur d’une façade de meuble ou un format de carrelage. Une représentation concrète de l’espace du client réduit le caractère hypothétique et amène la conversation au niveau où les décisions se prennent réellement.

3.4 Ambiguïté, aversion à la perte et regret anticipé

Les décideurs préfèrent les risques connus aux risques inconnus. Ellsberg (1961) a montré que les individus évitent les options dont les probabilités sont ambiguës, même lorsque le résultat espéré est identique. Dans la rénovation, l’ambiguïté porte sur le résultat lui-même, et l’aversion prend la forme du report : quand le résultat ne peut pas être imaginé, ne rien faire est l’option la moins ambiguë.

L’aversion à la perte amplifie ce phénomène. La théorie des perspectives postule que les pertes pèsent plus lourd que des gains équivalents (Kahneman & Tversky, 1979), des estimations ultérieures suggérant un rapport d’environ deux (Tversky & Kahneman, 1992). Un client qui craint de payer une somme importante pour un résultat qui lui déplaira accorde beaucoup de poids à cette perte possible face au gain imaginé. La théorie du regret ajoute que les individus anticipent le regret et agissent pour l’éviter, notamment en différant leurs décisions (Zeelenberg & Pieters, 2007). Voir le résultat réduit l’espace dans lequel le regret peut être imaginé.

Représentation de son propre espaceDescription seuleAmbiguïté sur le résultatDisposition à s’engager
Figure 2. Relation conceptuelle entre l’ambiguïté du résultat et la disposition à s’engager. Schéma illustratif, non ajusté à des données.

3.5 Appropriation, co-création et valeur de ce que l’on fait soi-même

On accorde de la valeur à ce que l’on a le sentiment de posséder. Dans les expériences classiques sur l’effet de dotation, les propriétaires d’un objet demandaient environ deux fois plus pour s’en séparer que ce que des acheteurs étaient prêts à payer (Kahneman, Knetsch & Thaler, 1990). L’appropriation psychologique peut se former avant la propriété juridique : le simple fait de toucher un produit augmente le sentiment de possession et la valeur qui lui est attribuée (Peck & Shu, 2009).

La participation renforce cet effet. Les individus accordent plus de valeur aux produits qu’ils ont contribué à créer, c’est l’effet IKEA (Norton, Mochon & Ariely, 2012) : des participants qui avaient assemblé eux-mêmes une simple boîte de rangement proposaient environ 63 pour cent de plus pour l’acquérir que des participants à qui l’on remettait la même boîte déjà montée. Les clients qui conçoivent leurs propres produits sont prêts à les payer plus cher, en partie en raison d’un sentiment d’accomplissement (Franke, Schreier & Kaiser, 2010). Participer à la coproduction modifie aussi la manière dont les clients attribuent et évaluent les résultats (Bendapudi & Leone, 2003). Un client qui choisit façades, sols et lumière dans une image de sa propre pièce n’est pas seulement informé du résultat. Il a commencé à le faire sien.

3.6 Architecture du choix et orientations sélectionnées

Davantage d’options n’aide pas toujours. Dans une expérience de terrain bien connue, les clients qui voyaient un présentoir de 24 confitures étaient bien moins enclins à acheter que ceux qui en voyaient six, environ 3 pour cent contre environ 30 pour cent (Iyengar & Lepper, 2000). Une méta-analyse ultérieure a montré que l’effet dépend fortement du contexte (Scheibehenne, Greifeneder & Todd, 2010), ce qui est en soi instructif : la surcharge apparaît quand les options sont difficiles à comparer et que les préférences ne sont pas encore formées. Ces deux conditions décrivent un client face à un catalogue de rénovation. Quelques orientations cohérentes, chacune montrée dans l’espace du client puis affinée, répondent mieux à ces conditions qu’une navigation libre.

3.7 Le prix comme indice de repli

Quand la qualité est difficile à juger, les acheteurs la déduisent de ce qui est disponible. Une revue intégrative a mis en évidence une relation positive et significative entre prix et qualité perçue à travers les études (Rao & Monroe, 1989), et le premier chiffre avancé sert d’ancrage aux jugements ultérieurs (Tversky & Kahneman, 1974). Si le premier artefact concret que reçoit le client est un devis, la conversation est ancrée sur le prix. Si le premier artefact est une représentation du résultat final, le devis se lit au regard d’une valeur que le client voit déjà.

Tableau 1. Mécanismes, sources clés et implications pour la vente de projets de rénovation, d’aménagement intérieur et extérieur.
MécanismeSources principalesImplication
Supériorité de l’image et compréhension rapideNelson et al., 1976; Standing, 1973; Potter et al., 2014Une représentation crée une compréhension commune plus vite et plus durablement qu’une description.
Simulation mentaleEscalas, 2004; Elder & Krishna, 2012Montrer l’espace du client rend le résultat futur facile à habiter.
Distance psychologiqueTrope & Liberman, 2010Les représentations concrètes font passer la conversation de l’aspiration à la décision.
Ambiguïté et aversion à la perteEllsberg, 1961; Tversky & Kahneman, 1992Moins d’ambiguïté sur le résultat, c’est moins de report.
Appropriation et co-créationPeck & Shu, 2009; Norton et al., 2012; Franke et al., 2010Choisir dans l’image crée un attachement avant le contrat.
Architecture du choixIyengar & Lepper, 2000; Scheibehenne et al., 2010Quelques orientations cohérentes, affinées sur place, l’emportent sur des catalogues ouverts.
Le prix comme indice et comme ancrageRao & Monroe, 1989; Tversky & Kahneman, 1974Montrer d’abord le résultat, annoncer le chiffre ensuite.

4Données issues de marchés voisins

4.1 Réalité augmentée et essayage visuel dans le commerce de détail

Les données à grande échelle les plus proches proviennent des technologies du commerce de détail qui permettent aux clients de voir des produits dans leur propre contexte. À partir de données de terrain d’un détaillant en ligne, Tan, Chandukala et Reddy (2022) ont constaté que l’usage de la réalité augmentée était associé à des ventes plus élevées, avec des effets plus forts là où l’incertitude avant l’achat est plus grande, par exemple pour les produits moins populaires et pour les clients nouveaux sur le canal. Hilken et ses collègues (2017) ont montré que les expériences de réalité augmentée qui intègrent un produit dans l’environnement du client augmentent la présence spatiale, ce qui accroît à son tour la valeur perçue et le confort de décision.

Ces résultats partagent, à plus petite échelle, la structure du problème de la rénovation. Le client ne sait pas quel aspect aura un produit dans son propre espace, et une représentation dans cet espace réduit l’incertitude. La rénovation élève les enjeux sur chaque dimension qui compte ici : le prix, l’irréversibilité et l’ampleur du changement.

4.2 Visualisation en architecture, ingénierie et construction

Dans la littérature sur la construction, la visualisation est reconnue depuis longtemps comme un moyen de communication entre les professionnels et des clients qui ne savent pas lire les dessins techniques (Bouchlaghem, Shang, Whyte & Ganah, 2005). Les rendus réalistes ont traditionnellement été coûteux et lents, produits tard dans la conception et réservés aux projets d’envergure. Les mécanismes examinés ici suggèrent qu’une grande part de leur valeur se situe plus tôt, au moment du premier engagement, lorsque le client décide s’il va seulement donner suite.

4.3 Rapidité de réponse et conversion des prospects

La clarté interagit avec le temps. Un audit de la manière dont les entreprises répondent aux demandes en ligne a montré que celles qui cherchaient à contacter un prospect dans l’heure avaient près de sept fois plus de chances de le qualifier que celles qui attendaient plus longtemps (Oldroyd, McElheran & Elkington, 2011). L’intérêt décroît rapidement. Une représentation livrée au moment de la demande atteint le client lorsque son intention est la plus forte et donne au premier contact humain quelque chose de concret à discuter.

Tableau 2. Sélection de résultats empiriques cités dans cette revue.
RésultatSourceContexte
Environ 30 pour cent ont acheté face à 6 choix présentés, environ 3 pour cent face à 24Iyengar & Lepper, 2000Expérience de terrain, magasin d’alimentation
Les propriétaires demandaient environ le double de ce que les acheteurs étaient prêts à payer pour un bien identiqueKahneman, Knetsch & Thaler, 1990Expériences en laboratoire
Les participants ayant assemblé une boîte en offraient environ 63 pour cent de plus que les autres pour la même boîteNorton, Mochon & Ariely, 2012Expérience en laboratoire, boîtes de rangement
Les pertes pesaient environ deux fois plus lourd que des gains équivalentsTversky & Kahneman, 1992Expériences de choix, estimations de paramètres
Sens détecté dans des images présentées pendant 13 millisecondesPotter et al., 2014Présentation visuelle sérielle rapide
Contact dans l’heure : près de sept fois plus de chances de qualifier un prospectOldroyd, McElheran & Elkington, 2011Audit des réponses des entreprises aux demandes en ligne
Usage de la réalité augmentée associé à des ventes plus élevées, surtout en cas d’incertitude forteTan, Chandukala & Reddy, 2022Données de terrain, détaillant en ligne

5Un modèle du parcours de décision visuelle

En intégrant ces mécanismes, nous proposons un parcours en quatre étapes pour les projets achetés avant d’exister (figure 3).

Étape 1

Imagination

Une image privée et idéalisée que le vendeur ne peut pas voir

Étape 2

Ambiguïté

Report, rendez-vous de découverte, comparaison sur le prix

Étape 3

Représentation

Une image réaliste de l’espace du client, partagée

Étape 4

Engagement

Une décision sur le résultat, le prix lu à sa lumière

Figure 3. Le parcours de décision visuelle pour les projets achetés avant d’exister.
  • Imagination. Le client porte en lui une simulation incomplète et idéalisée du résultat, que le vendeur ne peut pas voir.
  • Ambiguïté. Sans image partagée, l’incertitude sur le résultat entraîne le report, des rendez-vous de découverte et la comparaison sur le prix.
  • Représentation. Une représentation réaliste de l’espace du client remplace la simulation privée par une représentation partagée et concrète.
  • Engagement. L’ambiguïté réduite et un sentiment d’appropriation formé, le client se décide sur le résultat et évalue le prix au regard de celui-ci.

Le modèle ne prétend pas qu’une représentation remplace le jugement professionnel sur la faisabilité, le coût ou la construction. Il situe le moment de la vente où une représentation produit son effet : tôt, avant le devis, lorsque l’incertitude est la plus forte et qu’un dessin traditionnel se justifie le moins.

6Implications

6.1 Pour les clients finaux

Les clients disposent d’un moyen d’exprimer ce qu’ils veulent sans vocabulaire technique et de tester des orientations avant de les payer. La recherche sur le regret anticipé suggère que les décisions prises face à une image concrète devraient paraître moins risquées et être moins sujettes à un revirement ultérieur, même si cela reste à tester dans la rénovation.

6.2 Pour les conseillers et les équipes de vente

Les conseillers peuvent déplacer la découverte du besoin du rendez-vous vers le moment de la demande, et consacrer le rendez-vous à affiner plutôt qu’à deviner. La recherche sur la co-création suggère que les ajustements faits avec le client, dans l’image, contribuent à l’engagement au lieu de le retarder.

6.3 Pour les entreprises, les distributeurs et les fabricants

Les entreprises peuvent qualifier les demandes selon l’intention plutôt que selon des champs de formulaire, réduire les dessins spéculatifs et présenter des devis ancrés sur un résultat visible plutôt que sur un chiffre. Pour les distributeurs et les fabricants de finitions, le même mécanisme s’applique à l’échelle de la gamme : un matériau vu dans l’espace du client porte plus d’information qu’un échantillon sous la lumière d’une exposition.

7Propositions à tester empiriquement

  1. P1Les demandes accompagnées d’une représentation de l’espace du client se transforment en rendez-vous à un taux plus élevé que les demandes envoyées au moyen d’un formulaire de contact classique.
  2. P2Les clients qui reçoivent une représentation avant le devis mettent moins de temps entre le premier contact et la signature.
  3. P3Les devis présentés avec une représentation de l’orientation retenue sont moins sensibles aux devis concurrents moins élevés.
  4. P4Les clients qui sélectionnent des matériaux dans une représentation font état d’une appropriation psychologique plus forte et d’un regret anticipé plus faible que les clients qui choisissent à partir d’échantillons physiques.
  5. P5L’effet de la représentation sur l’engagement est plus important pour les projets plus coûteux et moins réversibles.
  6. P6Un petit nombre d’orientations cohérentes montrées dans l’espace du client conduit à des décisions plus rapides qu’une navigation libre dans un catalogue.

8Limites

La plupart des mécanismes examinés ici ont été établis en laboratoire ou dans le commerce de détail, et non dans la rénovation. Les tailles d’effet ne se transposent pas directement, et certains résultats, dont la surcharge de choix, se sont révélés sensibles au contexte. Les représentations peuvent aussi induire en erreur : un rendu qui promet un résultat que le projet ne peut pas tenir déplace l’incertitude vers une déception ultérieure au lieu de la supprimer. Des expériences de terrain dans la vente de rénovations, idéalement avec une affectation aléatoire à des parcours de demande avec et sans visuel, sont nécessaires pour estimer les effets réels.

9Conclusion

La vente de projets de rénovation, d’aménagement intérieur et extérieur demande aux clients de s’engager sur un résultat qu’ils ne peuvent pas voir. La recherche en psychologie, en comportement du consommateur et en économie converge vers la même explication de cette difficulté, et vers la même piste pour la lever : remplacer l’imagination privée par une représentation partagée et concrète de l’espace du client, le plus tôt possible dans la vente. Les mécanismes sont bien établis. Les preuves de terrain sur ce marché précis ne le sont pas, et c’est là que les prochains travaux devraient commencer.

Références

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beform. (2026). Seeing before deciding: Visual anticipation, outcome uncertainty and commitment in the sale of renovation, interior and outdoor projects (Working paper No. 1). https://www.beform.ai/research
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La recherche, traduite en méthode de vente.

The Visual Sales Playbook, édition 2026. 35 pages pour les dirigeants et les responsables des ventes et du marketing.

  • Sept chapitres, de la première photo au devis signé
  • Déroulé d’entretien, réponses aux objections et e-mails de relance
  • Les résultats de recherche qui fondent la vente avec l’image
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De la recherche à vos propres projets.

Voyez ce que décrit la recherche sur la photo de l’un de vos clients. Importez-la dans la démo, ou réservez trente minutes et apportez-en trois.